L'ego n'est ni bon ni mauvais

L'ego n'est pas un ennemi à détruire. C'est le reflet de notre construction interne à un moment donné. C'est notre personnage, la façon dont on se perçoit et dont on tente de se protéger du monde extérieur. Ce qui pose problème, ce n'est pas son existence mais ses déséquilibres.

Aujourd'hui, la performance d'un dirigeant ne se mesure plus à la taille de son armure, mais à la qualité de son ancrage. Pour comprendre ce qui se joue dans nos entreprises, il faut regarder ce qui se cache derrière le masque.

Sur-ego et sous-ego : les deux visages d'une même insécurité

On sépare souvent les leaders tyranniques des collaborateurs effacés comme s'ils étaient des espèces opposées. En réalité, ils souffrent exactement du même mal.

Le sur-ego (la compensation par l'attaque)

Une perception gonflée de soi-même utilisée comme bouclier. Le dirigeant qui a besoin d'avoir toujours raison, qui impose ses décisions sans écouter, qui fait briller des paillettes pour masquer ses doutes. Son Inconscient a enregistré que pour être en sécurité, il fallait dominer avant d'être dominé.

Le sous-ego (la compensation par la fuite)

Une dévalorisation constante utilisée comme protection. Le professionnel qui se cache, n'ose pas exprimer ses idées de peur d'être jugé, ou s'effondre sous le syndrome de l'imposteur. Son Inconscient a choisi une autre stratégie : se faire tout petit pour éviter le conflit ou le rejet.

Sur-ego et sous-ego ne cherchent pas le bien de l'entreprise. Ils cherchent désespérément à valider leur propre valeur.

Dans les deux cas, le moteur est identique : une réaction viscérale à une peur profonde, qui brûle de l'énergie et détruit les relations professionnelles de l'intérieur.

Pourquoi l'ego des autres nous déstabilise autant

Dans le business, ce ne sont pas toujours nos propres egos qui nous posent problème, mais ceux des autres. On redoute le manager toxique, le client arrogant, l'associé imprévisible. Ces profils nous déstabilisent parce qu'ils viennent percuter nos propres zones d'insécurité.

Deux sur-egos créent une guerre de tranchées ouverte. Un sur-ego face à un sous-ego crée une relation de soumission progressive. Dans les deux configurations, personne ne travaille vraiment, tout le monde gère.

Lorsqu'on bascule dans la sécurité interne, la donne change. On cesse d'avoir peur de l'ego de l'autre. On devient capable de le voir pour ce qu'il est : une armure maladroite qui tente de cacher une faille. On sort du terrain de la réactivité émotionnelle pour entrer dans celui de la communication claire.

Ce que l'Inconscient a à voir là-dedans

On ne passe pas du sur-ego à l'ancrage par la seule force de la volonté. Si le système a besoin de compenser pour se sentir légitime, ou s'il pousse à se cacher pour se protéger, c'est qu'il se base sur des données anciennes. Il applique des stratégies de survie liées à l'histoire personnelle, à l'enfance, ou à des périodes où il a fallu performer ou porter des responsabilités trop lourdes.

Le travail thérapeutique, notamment à travers l'hypnose conversationnelle et la méthode Sajece, permet d'aller explorer la racine de ces constructions :

La sécurité comme compétence de leadership

Le modèle qui valorisait les leaders de façade, ceux qui savaient crier le plus fort ou imposer leur vision par la force du sur-ego, est à bout de souffle. Il génère du burnout, du désengagement et des cultures d'entreprise qui épuisent tout le monde, y compris ceux qui les entretiennent.

Un leader ancré n'a plus besoin d'écraser pour être respecté, ni de se cacher pour être aimé. Il est simplement lui-même, solide au milieu de la tempête. C'est précisément ce qui le rend magnétique, suivi et profondément inspirant. La sécurité n'est pas une posture, c'est une compétence. Et comme toute compétence, elle se travaille.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le sur-ego en leadership ?
Le sur-ego est une perception gonflée de soi-même utilisée comme mécanisme de compensation. Le dirigeant à sur-ego a besoin d'avoir toujours raison, impose ses décisions sans écouter, et cherche à dominer pour masquer une insécurité profonde. C'est une stratégie de survie, pas une force.
Quelle différence entre sur-ego et sous-ego ?
Le sur-ego compense l'insécurité par l'attaque et la domination. Le sous-ego la compense par la fuite et l'effacement. Ils sont les deux faces d'une même pièce : une réaction viscérale à une peur profonde qui brûle de l'énergie et détourne de l'essentiel.
Comment ne plus être déstabilisé par l'ego des autres ?
En travaillant sur sa propre sécurité interne. Les ego des autres nous déstabilisent parce qu'ils viennent percuter nos propres zones d'insécurité. Lorsqu'on est ancré, on cesse d'avoir peur de l'ego de l'autre et on peut le voir pour ce qu'il est : une armure qui tente de cacher une faille.
Peut-on changer son rapport à l'ego ?
Oui, mais pas par la seule volonté. Ces constructions viennent de l'Inconscient. Le travail thérapeutique, notamment via l'hypnose conversationnelle et la méthode Sajece, permet d'aller explorer la racine de ces mécanismes et de mettre à jour les stratégies de survie devenues obsolètes.

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